Les Trois Amants

Théodore Géricault Les Trois Amants
Actuellement exposé au "Getty center" de Los Angeles, ce petit tableau à l'huile sur toile (22.5 cm x 29.8 cm) est la seule peinture érotique connue de Théodore Géricault, elle montre deux amoureux passionnément enlacés tandis que leur compagne se repose languissante sur la gauche. La nudité et l'attitude voluptueuse et détendue de cette femme représentent selon la tradition classique la position du repos après les rapports sexuels, une tradition qui est également évoquée par la statue de Venus placée juste au dessus. Serré par les bras de son amoureux et avec ses jambes provocatrices, la femme en blanc est un participant actif de l'acte amoureux plutôt qu'un objet passif. Avec une ligne moderne, Géricault a capturé l'intensité et l'énergie de la sexualité humaine en quelque sorte très différentes des conventions de l'idéalisation de son époque. Fasciné par les sujets érotiques depuis son voyage en Italie, ce travail d'une modernité subversive, a été réalisé pour le plaisir privé de l'artiste.

Portraits des Monomanes

Retrouvés par hasard dans la collection d'un médecin de Baden-Baden, l'histoire veut que les Monomanes fussent exécutés au nombre de dix. Ces portraits dont nous n'en savons que cinq, ont appartenu aux peintres Henri Harpignies et Charles Jacque. La Monomane de l'envie,a été acquise en 1908 par le musée des Beaux-Arts de Lyon, séparé des autres tableaux qui furent dispersés au gré de ventes successives. Le Monomane du vol au musée des Beaux-Arts de Gand et La Monomane du jeu au musée du Louvre de Paris. Les deux autres (images du bas) Le Monomane du commandement militaire de Winterthur, qui fait partie de la Collection Reinhart am Römerholz et  Le Monomane du vol d'enfants, de Springfield Museum of Fine Arts, qui est dans un état de conservation délicat.

Le Monomane du volLa Monomane du jeu

Le  Monomane du commandement militaireLe Monomane du vol d'enfants
Contrairement à l’historiographie qui isole ces cinq portraits dans la production de l’artiste, Il faut élargir la notion de folie au regard d’une vision politique. Théodore Géricault, pour être véritablement compris, doit être envisagé comme un peintre d’histoire maniant avec subtilité le symbole et l’allégorie politique. Les cinq portraits de monomanes ne seraient donc pas seulement les témoins de la naissance de la psychiatrie moderne, mais l’aboutissement logique de toute une réflexion esthétique et politique (d’essence républicaine) portant sur la marginalité, l’exclusion, la pauvreté,la folie des guerres civiles et militaires, le désir de liberté.

Le Radeau de la Méduse

A cause de sa très grande fragilité et de sa grande dimension, (Haut:4,91 m.;Large:7,16 m) le tableau ne quitte jamais le musée du Louvre à Paris (aile Denon Mollien Salle 77). Ce tableau est une des œuvres capitales du XIXe siècle. Le thème est celui d'un événement récent, le sauvetage de quelques rescapés du naufrage de la frégate "La Méduse" sombrée, en 1816, près des côtes du Sénégal. Cent cinquante hommes avaient pris place sur un radeau qui dériva pendant dix jours. Quinze mourants subsistaient quand un vaisseau fut en vue. C'est le moment choisi par le peintre. Géricault se fit conter la tragédie par les deux survivants, représentés au pied du mât, qui lui donnèrent une description exacte du radeau. Géricault a représenté l'instant même où les survivants aperçoivent le bateau des sauveteurs. Afin d'être le plus authentique possible, il se lança dans une extraordinaire démarche où il interviewa des survivants et fit leur portrait, construisit un modèle de radeau, et se rendit même à la morgue pour y étudier les cadavres.
le musée du Louvre à Parisun tableau de  grande dimension

Le Radeau de la Méduse Le tableau ne quitte jamais le musée
L'œuvre est parfaitement romantique par son inspiration, un sujet d'épouvante puisé dans l'histoire contemporaine, par sa facture emportée, par le dynamisme qui l'anime : néanmoins, elle se réfère à la tradition classique par sa composition en pyramide. Géricault cherche une manière de peindre plus libre. Par sa couche épaisse, son sens du mouvement et ses couleurs morbides, macabres, illustrant la mort, il a en lui la violence romantique : contrastes, effets d'ombre et de lumière. Ces audaces influenceront Delacroix qui a d'ailleurs posé pour l'un des personnages du Radeau (le mort au premier plan, face contre le radeau, bras gauche étendu). L'œuvre est vilipendé au Salon de 1819, tant pour la nouveauté de son interprétation que pour son esprit où on décèle des intentions politiques (le naufrage de "La Méduse'' avait suscité des remous contre le pouvoir), la présence d'un naufragé noir est considéré comme un manifeste contre l'esclavage. En revanche, le tableau soulève l'enthousiasme en Angleterre où Géricault l'expose en 1820.

Cette œuvre est assez sombre : en effet Géricault a utilisé du bitume pour les noirs, technique en vogue à l'époque, mais qui a tendance à s'assombrir avec le temps.


Painter and lithographer Théodore Géricault was the leader of the French Romantic movement; The Raft of the 'Medusa' was his most ambitious work. He consciously sought for 'headline' public events to provide a subject for a major work that would launch his career. The Medusa, a government vessel, had foundered off the West African coast, and 150 people tried to escape on a raft. After thirteen days, only fifteen were rescued alive. They had had nothing but a few drops of wine - and human meat - to sustain them. The tragedy was blamed on official negligence and created a political scandal. Géricault depicted the instant when the survivors first saw the rescue ship, and he went to extraordinary lengths to achieve authenticity: he interviewed survivors and drew their portraits, he had a model of the raft built, he even studied corpses in the morgue.

Ci-dessous un extrait de l'émission PALETTES : LE RADEAU DE LA MEDUSE (Réalisateur et Auteur : Alain Jaubert) - Théodore Géricault - La beauté du désastre, enregistrée le Samedi 10 juin 2006 à 20h15 sur ARTE :


.....la totalité de ce film est disponible en DVD



Quelques documents intéressants :
étude wikipedia
description : Théophile Gautier
étude privée 1
étude privée 2

BIOGRAPHIE

autoportrait de l'artiste
Jean-Louis-André-Théodore Géricault est né à Rouen le 26 septembre 1791, dans une famille de la bourgeoisie aisée. C'est le seul enfant de Georges et Louise Caruel Géricault. Vers 1796, la famille Géricault s'installe à Paris, rue de l'Université 6817329_pet Théodore fait ses études au Lycée Impérial (aujourd'hui Louis-le-Grand). Il poursuit de médiocres études, plus occupé par les chevaux que par sa propre scolarité. A sa sortie du lycée en 1808, profitant de la fortune qu'il tient de sa mère, il décide de se consacrer à la peinture et entre dans l'atelier (alors très couru) de Carle Vernet, peintre de chevaux, il y fait la connaissance de son fils, Horace Vernet. Durant cette période, il étudie Rubens et les maîtres vénitiens, qu’il copie abondamment, mais aussi l’œuvre de Gros et de Prud’hon, deux peintres issus du néoclassicisme. Dans l'atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin, Géricault rencontre Ary Sheffer et plus tard Eugène Delacroix. Il se rend fréquemment chez son oncle Jean-Baptiste Caruel, au château du Grand Chesnay, et se passionne pour les chevaux qu'il commence à dessiner aux Écuries impériales de Versailles avant de s'inscrire, le 5 février 1811, à l'École des Beaux-arts de Paris. En 1814, Géricault s'éprend de sa tante Alexandrine Caruel, l' épouse de son oncle maternel. Cette liaison, qui durera plusieurs années, engendra un fils (Hippolyte Georges),et s'avèrera désastreuse pour l'artiste. Après cette liaison amoureuse tourmentée, Théodore décide de partir pour l'Italie où il séjourne de l'automne 1816 à l'automne de l'année suivante. A Rome, il rend visite à Ingres et admire l'œuvre de Michel-Ange. Après son retour à Paris il travaille aux lithographies des sujets et des scènes militaires de la vie romaine. Entre 1818 et 1819 l'artiste entreprend de peindre, sur une grande toile, un fait divers contemporain :" l'affaire " scandaleuse du naufrage de La Méduse. Exposé au Salon l'année suivante, le Radeau de la Méduse est critiqué. Après qu'il ait accompli cette peinture difficile l'artiste se rend à Londres avec le rapporteur Charlet. En juin 1820 Le Radeau de la Méduse, présenté à l'Egyptian Hall de Londres, remporte un vif succès. Le peintre rencontre Constable et peint le Derby d'Epsom. Entre temps, il se rend chez David, exilé à Bruxelles. Pendant son deuxième séjour de Londres il édite une série de lithographies autorisées de divers sujets dessinés sur la pierre. À la fin de 1822 il revient définitivement à Paris au n° 23 de la rue des Martyrs(9°).Il termine une série de portraits de fous, qui illustre la théorie du docteur Georget ?, aliéniste à l'hôpital de la Salpétrière. Un jour en redescendant de Montmartre, son cheval fit un écart et le fit tomber sur les reins. Une tumeur se forma et le peintre mourut le 26 janvier 1824, à peine âgé de 32 ans dans les bras de son ami intime le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy, et des colonels Bro et Brack, après de terribles souffrances. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris, une statue de bronze orne sa sépulture . Artiste romantique, sa vie courte et tourmentée a donné naissance à de nombreuses passions , aujourd' hui encore.

Documents : Biographie critique du peintre , mémoires Alexandre Dumas

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